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Poètes aux Sommets

La manifestation des Poètes aux Sommets s’est déroulée pendant 5 jours au cœur de la vallée de Chamonix avec légèreté et subtilité. Les poètes y ont investi des lieux aussi diversifiés que les églises et chapelles des villages depuis Chamonix jusqu’à Vallorcine en passant par le Tour, Argentière, les Tines, les Praz, le grand salon du Majestic, l’Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme.

Ils ont pris de l’altitude en faisant sonner les mots sur les terrasses de l’Aiguille du Midi à 3842m sur fond d’azur et d’infini, sur le site du Montenvers autour du Temple de la Nature où ils ont accroché leurs messages, sur décor de cairns et de Mer de Glace au Signal.

Au cœur de la ville, ils ont posé leurs livres sur des tables Place de la poste.

Sur les places de l’Eglise et du Triangle de l’Amitié, ils ont rassemblé en mobiles à feuilleter des pages vivantes venues de tous les horizons, et les ont décorées de la colombe de la paix dessinée par Picasso.

 

Vous les avez peut-être rencontrés, vous les avez peut-être vus passer, vous les avez peut-être entendus chanter leur hymne composé spécialement pour cette occasion par Marie ROBERT, Présidente de Poètes aux Sommets, femme de paroles avec des mots, de gestes par la danse, d’images par la photographie, qui mobilise toute son énergie pour le développement et le rayonnement de la Culture de la Paix.

 

HYMNE  « Nous les Poètes »

 

« Nous les poètes de la planète

Sommes venus au pied des Drus

Pour dire au monde assailli par le bruit

Que Poésie est la vie, la survie

Elle est présente en nos cœurs

Elan de beauté, de bonheur

 

Nous les poètes de la planète

Sommes présents près du Mont-blanc

Pour engendrer avec lui l’harmonie

Chanter, bouger, dire, danser, exprimer

Etre l’instant de conscience éclairée

Actrices et acteurs de la paix


 

… pour une civilisation éveillée »

 

La manifestation était placée sous le prestigieux parrainage de M. Fédérico Mayor, Directeur Général de l’Unesco de 1988 à 2000 et Président de la Fondation Cultura de Paz de Madrid.

M. Mayor, lui-même poète, avait envoyé son message personnel en 4 textes.

Le premier intitulé « Femme » est une constatation amère et il invite au changement de mentalité, à la rupture avec les cultes et cultures machistes pour un meilleur équilibre social et culturel en notre humanité. Extrait « Femme de ta gorge montait un chant nouveau, mais nous ne t’avons pas laissé la parole bien que tu sois la voix de la moitié de la terre… Femme tes yeux voyaient le monde autrement mais nous n’avons pas voulu ni savoir ce que voyait ton regard ni en connaître la chaleur…  »

 

Le féminin s’était donc particulièrement invité à la manifestation et il a rayonné superbement dans les visages de la discrète et secrète Aziadée Simond, de la joyeuse et dynamique Sylvie Currioz, de la sereine et douce Nazand Beghikani du Kurdistan d’Irak, de la charmante et très croyante Mary Ann Lackovich du Wisconsin aux Etats-Unis, de la talentueuse lectrice et dessinatrice Dominique Reucheron, de la diversité représentée par Gilberte Barnaval venue de l’île de la Réunion, de la remarquable et spirituelle pianiste Christiane Gugger de Genève.

La gent masculine était cependant bien représentée en la personne de Guy Créquie, poète et philosophe, secrétaire de l’association, qui n’a pas hésité à louer le féminin en entonnant chants sacrés et mélodies d’amour.

Mme Janny Couttet, élue aux affaires culturelles de la Mairie de Chamonix, a apporté un soutien précieux et personnalisé, efficace et chaleureux, à toute la manifestation ainsi qu’aux poètes étrangers présents dans nos montagnes alpines.

 

Pendant ces journées consacrées à l’harmonie avec la nature, à la louange de la beauté et de la vie, à la conscience pleine et sereine de l’être humain capable de tisser des liens utiles, profonds et essentiels, la grâce d’un ciel d’azur lumineux et toujours radieux, comme la formation d’un arc-en-ciel en cercle autour du soleil à midi le 21 Juillet, ont été des cadeaux pour les poètes, des signes de bienveillance de tout l’univers à la hauteur de leurs efforts de communication, et des écritures cosmiques aussi encourageantes que toutes les reconnaissances, diplômes et distinctions de nos sociétés aux langages codifiés.

Avec leurs textes, les poètes ont rappelé la fragilité de l’existence humaine au sein d’une planète mise à mal par le pillage des ressources, par les guerres de toute nature faites à la nature humaine,  faites pour l’appropriation des richesses et non pour le partage, le respect de nous-mêmes et de notre environnement.

A Chamonix, une conscience humaine et poétique s’est exprimée pour créer des instants de révélation, d’expression, d’émerveillement, de reconnaissance de la beauté, de gratitude à la nature et à la vie.

 

Depuis la contemplation de la lumière au soleil levant jusqu’à dernière lueur du soleil couchant, les poètes ont semé çà et là les traces d’une nouvelle culture faite de tissages, de sens, d’humanité, de sourires, de spiritualité et de symboles à partager.  

Les avez-vous rencontrés ? La montagne était là pour eux et avec eux. Elle n’avait ni voilé ses sommets, ni caché ses aiguilles dans des nuages opaques et obscurs.

Avec leurs mots, leurs langues, ils ont fait résonner le cœur des pierres de la vallée depuis les galets des torrents jusqu’aux flammes de pierre élancées.

Si vous le cherchez bien du côté du Signal au-dessus de la Mer de Glace, vous trouverez un petit cairn dressé par Nazand et Sylvie. Il invite le marcheur à prendre le pas et le chemin de la paix intérieure pour qu’elle rayonne à l’extérieur.

 

Y aurait-il un regret à exprimer ? Oui, celui que notre humanité en soit encore au temps de la recherche de croissance et de consommation, dans la démesure et la quête de la performance, alors que notre planète terre a tant besoin que notre sensibilité éveillée et nos yeux grand ouverts, notre sagesse humaine soient garants de l’esprit de la cohésion et de la co-création nécessaire aux temps à venir pour le futur de nos enfants.

Ils ont le droit de vivre en bonne santé sur une planète saine et belle.

Et les enfants poètes Lilou, Mattéo et Naomie qui ont partagé leurs écrits au cours de ces journées l’ont parfaitement compris bien qu’ils ne soient âgés que de 8 ou 10 ans.

 

Enfin, ceux qui étaient à l’Aiguille du Midi le 22 Juillet en début d’après-midi ont pu assister à un récital exceptionnel, unique en son genre.

Accompagnée par le grand guide Claude Jaccoux, Marie Robert qui est aussi alpiniste a offert au public présent sur la terrasse San Remo rebaptisée Mont-blanc, un spectacle simple et émouvant.

Debout sur un rocher à l’arrivée de l’Arête des Cosmiques, elle portait les couleurs du message de son ouvrage « l’urgence d’aimer » préfacé par Albert Jacquard, le rouge pour l’effervescence de la vie, le blanc pour la clarté et la lumière, le bleu pour l’eau, les mers, les océans de la planète bleue.

Intégrée dans le paysage de la nature forte d’une montagne qu’elle fréquente et qu’elle aime, elle a récité deux de ses poèmes « Un sommet pour la paix » suivi de « Guide mon ami ».

Elle a ainsi rendu hommage aux gens de la montagne et au métier de guide, à la montagne qui l’inspire et au Mont-blanc qu’elle a gravi trois fois pour la paix, en août 1990 lors la menace de la première guerre d’Irak, à skis en 1992, et en juin 1994 pendant la guerre d’ex-Yougoslavie avec une cordée de cinq alpinistes de l’armée de Sarajevo venus de Bosnie Herzégovine.

 

A l’occasion de ce « Récital au Sommet » qu’elle rêvait de réaliser depuis de nombreuses années, en lumière naturelle sur le décor somptueux du Mont-blanc, Marie a édité un merveilleux livret de ses textes et l’a illustré avec quelques-unes de ses magnifiques photographies du massif.

Elle dédicacera ce recueil entre le 1er et le 15 août en différents lieux et évènements de la vallée.

Ne manquez pas ce deuxième rendez-vous.

 

Les femmes qui ont repris leur parole ne se taisent plus. A partir des sommets, leurs voix ont résonné et elles résonneront encore haut et fort vers tous les coins de la terre.

Que l’écho, les vents et les sables emportent ces voix et ces sonorités très loin, jusqu’en Chine, jusqu’au Tibet, jusqu’aux peuples qui aspirent à la dignité et à la liberté d’expression, à la reconnaissance de leurs cultures et de leurs spécificités, lorsque celles-ci ne portent pas atteinte aux droits élémentaires de la personne humaine !

 

 

Texte écrit par la Présidente

© Association Poètes aux Sommets, 66 Clos des Charmilles
74400 CHAMONIX MONT-BLANC – FRANCE
 
organisation@poetesauxsommets.org,  
   www.poetesauxsommets.org. 

Tél.  04 50 53 21 03 – 06 09 50 33 51

La poésie prend les parcs

Vendredi le 1er août à 19h

Au Parc PAQ no. 18 (sur Plessis, au sud d'Ontario)

C'est tout près de l'Usine C, métro Beaudry ou Papineau ou bus 125 Ontario ou marche ou voiture ou bicyclette ou mobilette ou patin à roulettes.

On y entendra Marie-Charlotte Aubin, Sébastien Blais, Médéric Boudreault, Myriam Brunelle, Marie-Hélène Cabana, Maxime Catellier, Marie-Eve Comtois, Catherine Cormier-Larose, Shawn Cotton, Sébastien Dulude, Rose Eliceiry, Christian Maltais et Marc-Antoine K. Phaneuf.

Cette lecture est organisée par les Productions Arreuh, dans le cadre de Parcs vivants (une série d'activités d'appropriation citoyenne dansles mini-parcs du Centre-Sud sous la houlette de l'Éco-quartierSt-Jacques).

Christophe Condello

"Quelque soit la façon dont elle va s'écrire, tu fais partie de mon histoire"

Poème pour Alain Suied

Alain
tes mots bercent
pour l'éternité
les yeux qui voient
au seuil de l'invisible
l'absence (ton absence)
si présente
dans le silence
un regard qui échappe
et révèle la naissance
d'une autre vie
 
Poème en hommage à Alain Suied (1951-2008)
 
                                      cc
 
 

Jacques Salomé

Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit.
[ Jacques Salomé ]

Alain Suied

C'est avec stupéfaction que j'apprends la mort d'Alain Suied, des suites d'une longue maladie, cette nuit.
 
Voici le lien qui mène à son site: http://poetefr.rmc.fr
 
Il avait 57 ans.

Alain Suied, né le 17 juillet 1951 dans l’ancienne communauté juive de Tunis. Profondément marqué par la recherche des grands psychanalystes, il était aussi passionné par la musique de ce siècle (membre de l'Académie Charles Cros).
Il a publié notamment deux recueils de poèmes au Mercure de France : Le silence (1970), et C'est la langue (1973). Ses ouvrages les plus récents ont paru aux Editions Arfuyen : Le corps parle (1989), Face au mur de la Loi (1991), Ce qui écoute en nous (1993), Le premier regard (1995), Le pays perdu (1997). Alain Suied a publié un essai sur Paul Celan (Kaddish pour Paul Celan) ainsi que de nombreuses traductions de la poésie anglaise, notamment de William Blake, John Keats et Dylan Thomas
Il est lauréat des prix Nelly Sachs, Paul Verlaine de l’Académie Française et Charles Vildrac de la SGDL.

L'oeuvre poétique d'Alain Suied est marquée par le sentiment de l'absence, de la perte, de l'exil. Elle ne se limite pas pour autant à un "office des ténèbres" mais porte une immense espérance, ou un immense espoir, de réconciliation par la fraternité.
A n'en pas douter cette oeuvre se révélera comme l'une des plus authentiques et des plus importantes de notre époque.

Bibliographie
Le Silence, Mercure de France, 1970
C'est la langue, Mercure de France, 1973
L’influence invisible, Le Temps qu’il fait, 1985
La poésie et le réel, L’encre des nuits, 1985
Harmonie et violence, Dominique Bedou, 1986
Immense inadvertance, coplas, Actuels, 1986
Sur les ailes du Devenir, L’Encre des Nuits, 1987
La lumière de l’origine, Granit, 1988
Kaddish pour Paul Celan, essais 1971-1985, Obsidiane, 1988
Le corps parle, Arfuyen, 1989
L’être dans la nuit du monde, Granit, 1991
Face au mur de la Loi, Arfuyen, 1991
Ce qui écoute entre nous, Arfuyen, 1993
Le premier regard, Arfuyen, 1995
L’autre nom du monde, Éditions des Moires, 1995
Le pays perdu, Arfuyen, 1997
L'Ouvert, l'Imprononçable, Arfuyen, 1998
Passage du témoin, Les Cahiers bleus, Troyes, 1998
Actes de présence, La lettre volée, 1999
Rester humain, Arfuyen, 2001
Le champ de gravité, Lettres vives, 2002
Histoire illustrée de l’invisible, Dumerchez, 2002
L'Éveillée, Arfuyen, 2004
Vision et Prières - poèmes de Dylan Thomas, traduits et préfacés par Alain Suied (Poésie/Gallimard)
Laisser partir, Arfuyen, 2007

Revue RALM

Je publie une courte suite de poèmes, De nos blancheurs, sur le site de la revue RALM.
Voici le lien:
Je joins aussi l'adresse électronique qui permet de voir tous les poètes édités par la Revue d’Art et de Littérature, Musique:
Cet opus est sous l'égide du Chasseur abstrait, maison d'édition fondée par Valérie Constantin et Patrick Cintas.

Claude Beausoleil

Poète, critique et romancier, Claude Beausoleil a publié plus 70 titres depuis 1972. Sa poésie parle du voyage et de l’identité. De la poésie expérimentale à l'investissement d'un chant aux accents lyriques, cette oeuvre polyphonique affirme la recherche d'une musique faisant du poème l'objet d'une exploration singulière en quête d'un rythme individuel et universel. Le poète affirme : «Je suis un voyageur que le langage invente». Sa poésie traduite dans une douzaine de langues est l’une des plus représentatives de la poésie du Québec. Directeur de la revue Lèvres urbaines, Claude Beausoleil est membre de l’Académie Mallarmé.

Extrait

Une histoire complète
Mon histoire est une histoire complète. J’en connais les personnages, les lieux et les parfums. J’en connais les tempêtes de nuit, les musiques secrètes, aussi les turbulences.

Sur le trottoir, devant la maison, 214 rue Saint-Augustin, j’attends l’été, les mannes, les chaises en aluminium, la moiteur, le grésillement des radios portatifs, les histoires que je ne connais pas.

Je vois les mots de mon enfance qui se profilent entre les mots qui viendront après. Je les vois. Ils sont l’inconnu du silence.

Ces mots ont une longueur d’avance sur moi.

KO

Voici un poème dédié à Joachim Alcine, un boxeur de Laval (Québec),
qui a perdu son titre de champion du monde WBA des poids super-welters,
ce vendredi 11 juillet 2008 au stade Uniprix de Montréal, aux mains de Daniel Santos:
 
KO
 
Un homme est à terre
son titre s'envole
aux pays des rêves
qu'en est-il
de son âme?
 
                 cc
 
Merci pour tout Joachim et à bientôt...
 
Pour voir un petit résumé du combat de boxe:
 
 
 

Correspondance de Groucho Marx

Voici un petit vidéo sur cette magnifique mise en scène:
Un grand plaisir de voir le duo Marielle-Vernier se donner la réplique au théâtre Jean Duceppe dans le cadre du festival Juste pour rire.

Blogue de Don Perèz

Daniel Perèz, poète argentin à découvrir, a la gentillesse de publier et de traduire un des mes poèmes "Les mains gelées" sur son blogue:
La poésie pemet de relier une fois de plus tous nos univers.

Catherine Boudet

Catherine BOUDET est née à Saint-Denis de La Réunion le 30 août 1968. Docteur en Sciences Politiques de l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux (France), elle est chargée de cours à l'Université de La Réunion. Elle est l'auteur d'une thèse de doctorat publiée à l'ANRT sur les migrations mauriciennes en Afrique du Sud et d'articles scientifiques sur les questions de l'identité et de construction nationale à l'île Maurice. Son premier recueil de poèmes, Résîliences, est paru chez L'Harmattan dans la collection « Poètes des Cinq Continents » (2007). Elle est également membre du comité de lecture de la revue de poésie mauricienne Point Barre.

Le site de l'excellente revue Point Barre: http://pages.intnet.mu/ykadel/

 

Attention, vertige

 

J’ai un chantier en cours. Ne me dites rien. Surtout pas vous, qui marchez sur ce sol où vous pratiquez l’équation du profit. Je sais déjà par cœur ce que vous allez me dire. Mais moi, j’ai un chantier en cours. Non, vous ne voyez rien, car mon chantier est invisible. Il érige vers le ciel ses bulles de savon comme autant de tours de guet. Car moi, je suis poète. Bon d’accord, ça ne veut rien dire, poète. Ça ne sert à rien, poète. On ne gagne rien avec ça. Vous avez raison, ça ne rajoute aucun point pour le calcul de la retraite. Mais voilà, moi je n’y peux rien, je suis poète. C’est tout ce que j’ai trouvé pour vous survivre. C’est tout ce que j’ai trouvé pour retenir un peu la vie qui me coule entre les doigts. Pour peupler le silence avec tellement de mots qu’ils me font presque une famille. Et avec ça, je peux me traîner partout et le monde sera beau quand même. Être poète, c’est comme peindre le monde à sa fantaisie. Mais il faut le repeindre chaque jour, tellement vous l’avez défiguré. Être poète, c’est un peu comme être handicapé. Une boiterie de l’âme. C’est un peu comme ce chien qui claudique sur le bord du chemin, sauf que dedans il est tout rempli de vers. Un jour, j’ai vu un tout petit chiot comme ça. Il était tellement rempli de vers qu’ils grouillaient pour sortir, par tous les orifices, par tous les replis de sa peau, de sa chair qui s’ouvrait sous la poussée de ces milliers de vers. Il est mort d’une hémorragie de vers. Et moi je crois bien que c’est pareil. Il aurait fallu me soigner avant, avant que ces milliers de vers ne me poussent à l’intérieur en secret. Quand ils sortent c’est déjà trop tard, il n’y a plus rien à faire pour vous guérir de toute cette poésie. Je ne sais pas d’où ça vient d’être poète. Je ne suis pas un révolté, je ne suis pas un engagé. Je ne sais rien faire d’autre que claudiquer de mots et les ériger vers le ciel. Orfèvre du verbe, ma plus belle œuvre sera une tour d’ivoire plus belle qu’une pagode chinoise. Et quand je l’aurai achevée, j’y mettrai un panneau : « Attention, vertige ».

 

La bave lumineuse de la solitude

 

J’entre dans la bave lumineuse de la solitude et je vous regarde forêt de corps vous hâtant vers le réel vous marchez en nuées compactes et votre foi grégaire vous tient lieu de ciment j’entre dans la bave lumineuse de la solitude sans tambour ni trompette pour dire attention danger ici danger d’enlisement danger de non-partage danger de mort danger de soif j’entre dans la bave lumineuse de la solitude et je vous regarde forêt de corps qui offrez à la pluie de nouvelles semailles d’humanité et moi sur ce versant du réel lisse et sans aspérité je glisse sans fin et sans racines rien ne retient la chute rien ne retient le carnaval fou l’hémorragie de nocturne comme un coq de combat qui saignerait du bleu rien que du bleu dans ce théâtre d’ombres deux ou trois gouttes de la bave lumineuse de la solitude

 

Prix Max-Pol Fouchet 2008

Les jurés internationaux se sont réunis à la Maison des Pyrénées de Paris le jeudi 19 juin 2008 à l’initiative de Guy Rouquet, président de l’Atelier Imaginaire, fondateur des prix, faisant office de président de séance.

Comme les années passées, le prix a été décerné dans la clarté, au terme d’un long processus de lecture des manuscrits reçus depuis mai 2007 par l’Atelier Imaginaire. Chaque jury a considéré que le prix qu’il lui revenait d’attribuer méritait de l’être. Le Jury du Prix Max-Pol Fouchet 2008 : Marie-Claire Bancquart, Claude Beausoleil (Québec), Jean Bertho, Eric Brogniet (Belgique), Georges-Emmanuel Clancier, Seyhmus Dagtekin (Turquie), Sylviane Dupuis (Suisse), Guy Goffette (Belgique), Vénus Khoury-Ghata (Liban), Anise Koltz (Luxembourg), Werner Lambersy (Belgique), Jean-Pierre Lemaire, Charles Le Quintrec, Jean-Michel Maulpoix, Bernard Mazo, Jean Métellus (Haïti), Luis Mizon (Chili), Claude Mourthé, André Schmitz (Belgique).

Le lauréat est Stéphane LEMENOREL, né en 1971 à Caen, professeur de philosophie dans l’Eure, dont le  manuscrit "Pas d’un homme" (titre provisoire) a obtenu 14 voix sur 19.

L'ouvrage sera mis en fabrication durant l’été 2008. Sa sortie en librairie est prévue à l’occasion de la remise du prix qui se tiendra au Palais des Congrès de Lourdes dimanche 19 octobre, à 10 h, en présence de l'auteur, de l'éditeur, des jurés internationaux, des lecteurs de l’Atelier Imaginaire, des lauréats du concours général des lycées invités dans le cadre de l’opération 2000 jeunes, des écrivains et artistes associés aux travaux de l’Atelier Imaginaire, et de toutes les personnes intéressées…

Daniel Pérez

Los bastones

 

Se han ido los ojos

la deriva quedó arrinconada en el alma

con el sabor de las sillas vacías

la eternidad desdibujada por la pluma

que abrió la boca en venganza

y mordió los horizontes

se han ido los ojos

que miraban absortos la preñez del siglo

un cuadro que figuraba ser lo que no era

y parecía otra cosa

las cosas que cayeron al pozo del aljibe

y contaminaron las aguas

cierta incertidumbre

las caras trabajadas por el formón de las desgracias

se han ido los ojos

y nos avergüenzan los bastones

pedimos limosnas de amor en nuestros actos

se han ido los ojos

vergüenza

los bastones

 

 

Sobre la escarcha de la mano herida

 

Sobre la escarcha de la mano herida

se ha posado el amor

y su ceguera teje nidos

en los huecos de la carne deshilachada

 

la última tristeza de mis ojos desciende por los dedos

rompiendo los cristales

 

la luz grita su claridad

dejando sombras al descubierto

 

en el terreno de las cenizas

            unas langostas

                        desvastan la palabra adiós

 

 

 

Todo el misterio de la luna

 

Todo el misterio de la luna

sumergida en la profundidad de la noche

como ese medallón de lágrimas que se hunde

dentro de un vaso de vino tinto

ese silencio de ladridos desmenuzados con los dedos

para no atragantarse con las espinas

y esa rebanada de pan que es un cuartel

para esta guerra de hambres

 

todas las vergüenzas se encuentran bajo candado

pero la tristeza es un haz de luz que se filtra por las hendijas

¿dónde estaban cuando el sol me quemó la mirada

con sus varas de hierro caliente?

no veo nada más allá de estas sombras

y tal vez sea como un consuelo

este echarse a dormir dentro de un libro

con la cabeza reposando

sobre la palma de un verso

 

 

Mariposas/palabras/letras

 

A nidael le gusta cazar palabras

nidael trata de cazar palabras/letras

ahí pasa una "d"

ahí va nidael tras la "d"

con la red-atrapa-mariposas

como nabokov

nidael sale al jardín y busca

mariposas/palabras/letras

cuando atrapa una

la pone dentro de un cuaderno

junto con otras mariposas/palabras/letras

y las observa

las cambia de lugar

las lee las observa

nidael tiene ojos llenos de mariposas

y libros cargados de palabras

palabras armadas con letras

o mariposas

o cayos en los ojos

 

 

Clausura

 

Las mesas del bar quedaban frías

con pocillos de café dispuestos a la mancia

de encontrar destinos leyendo la borra

y las servilletas arrugadas donde un poeta

había bosquejado un mundo

que fue a parar al tacho de los residuos

y nunca más supimos de él

desapareció en la bruma de los amantes

con una mujer tomada del brazo

que le manoseaba las ideas

con total conciencia de su vejar

y el agua chorreaba desempañando las ventanas

las ratas marchaban hacia la cocina

en busca de las sobras

y le echaban candado a la puerta de metal

y colgaban el cartel de clausurado

 

Daniel Pérez
 

Datos Destacados:

·                    Segundo Premio Concurso Felipe Aldana de Poesía edición 2003 por el libro inédito “Puerto de los Cangrejos”. Concurso organizado por la Ed. Municipal de Rosario y del cual fueron jurado los poetas: Diana Bellesi, Edgardo Dorby y Hugo Diz. El premio del mismo fue la publicación del libro por parte de la editorial

·                    Invitado y participante del IX Festival Internacional de Poesía de Rosario organizado en forma conjunta por la Subsecretaria de Cultura de la Provincia de Santa Fe y  la Secretaría de Cultura y Educación de la Ciudad de Rosario en el año 2001

 

Otros Datos Literarios:

Libros Publicados:

·                     Puerto de los Cangrejos (Ed. Municipal de Rosario – Segundo Premio Concurso Felipe Aldana de Poesía) 2003

·                     Antología de Poetas Premiados “La Mirada Social” (Ed. Corral de Bustos) 2006

·                     Antología de Escritores Premiados 5º Concurso Nacional de Merlo. 2006

·                     Antología Los que siguen. 21 Poetas jóvenes de Rosario (Ed. Lanzallamas) 2002

·                     Antología Artesanos entre Líneas (Ed. Ciudad Gótica) 2002

 

Concursos:

·                     Segundo Premio Felipe Aldana de Poesía Editorial Municipal de Rosario  (Libro “Puerto de los cangrejos”). Rosario, Santa Fe, 2003

·                     Tercer Premio 5º Concurso Nacional de Poesía Asociación Civil Arte y Cultura de Merlo. Merlo, B. As., 2006

·                     Mención de Honor Concurso Editorial Décima Musa, Bs.As., 2004

·                     Mención Especial Certamen de Poesía “La Mirada Social”. Corral de Bustos, Córdoba, 2006

·                     Finalista Destacado Concurso Editorial Argenta, Bs.As., 2000

 

Lecturas:

·                     IX Festival Internacional de Poesía de Rosario (Subsecretaria de Cultura de la Provincia de Santa Fe y Secretaría de Cultura y Educación de la Ciudad de Rosario) 2001

·                     5º Encuentro de Escritores Jóvenes (Ed. Ciudad Gótica) 2001

·                     Ciclo de Lecturas sobre los Derechos Humanos y la Paz (ONG Llamamiento de los 100 para seguir viviendo)

·                     Ciclo de Poesía en los Bares (Secretaría de Cultura y Educación de la Ciudad de Rosario)

·                     Ciclo de Lecturas “Alas de mar en tu esquina” (Municipalidad de Rosario, Secretaría de Cultura y Educación, Distrito Centro Antonio Berni.

Lecturas Programa Radial La Bodeguita del Medio


www.elblogdedonperez.blogspot.com

Poème pour Ingrid

Un arbre aujourd'hui
est devenu une forêt
                 cc
 
02 juillet 2008
"Ingrid Bétancourt" libérée après plus de 6 ans d'incarcération.